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Chevalier en mission…

« Alain Lefèvre vient de plaquer ses derniers accords au milieu d’un silence de mort. Soudain, les applaudissements crépitent et au milieu des bravos et des bis, le jeune pianiste, encore plein de sa musique se lève, comme étourdi, salue le public debout. Pour chacun des mélomanes présents, le pianiste est le héros.

Héros d’un soir. Auréolé, porté, transporté. Les sons, la magie, le divin, l’alchimie ont fait leur œuvre. Alain Lefèvre salue: comme Lord Byron au milieu des rebelles, d’Artagnan à l’assaut du château, Lancelot du lac, chevalier en mission.

Le jeune homme s’incline et si la musique a rendu heureux, il est heureux lui-même. Le public portera longtemps une partie de son talent, les effluves subliminales de Beethoven ou de Mozart, jusqu’au plus profond de son âme. »

La Presse

1er Prix au Concours de piano Heintzman.

Le pianiste canadien Alain Lefèvre né le 23 Juillet 1962 à Poitiers, débute le piano dès l’âge de 4 ans, initié par son père, clarinettiste. Enfant au talent prodigieux, à 5 ans il fait son entrée chez les sœurs de la Congrégation Notre-Dame à Montréal qui lui donnent une solide formation musicale. Il sort rapidement des rangs et à 6 ans, il remporte le 1er Prix au Concours de Musique du Canada et donne son premier récital au Grand Théatre de Québec. À 9 ans, il gagne le 1er Prix du Concours de piano Heintzman, fait la une du Montreal Star qui le décrit comme « L’Étoile de demain », et accorde sa toute première entrevue télévisée à l’émission Femme d’aujourd’hui de la Société Radio-Canada.  Par la suite, il gagne le 1er Prix au Concours de Musique du Canada à huit autres reprises. À 14 ans, il prend des classes de maître avec Jeanne-Marie Darré et Lucette Descaves et à l’âge de 17 ans, il est admis au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe de Pierre Sancan, qui voit en lui « l’un de ses plus brillants disciples. » Il étudie également la composition avec Pierre Max Dubois et la musique de chambre avec Geneviève Joy, puis se perfectionne auprès d’Alexis Weissenberg. Pendant ses études au Conservatoire, le grand violoniste Christian Ferras, ému par son talent après l’avoir entendu sur les ondes de Radio-France, l’invite immédiatement à donner un récital de sonates de Bach à la Salle Gaveau. Le décès prématuré de Ferras interrompt une tournée en Espagne et Alain Lefèvre se joindra à Isaac Stern et à Ivry Gitlis sur la scène du Châtelet, dans un concert hommage à sa mémoire. Il obtient les 1er prix de piano et de musique de chambre au CNSM de Paris et remporte à 18 ans, le Grand Prix au Concours International Alfred Cortot, où il donne son premier concert à Milan, à la Piccola Scala. Suivent des débuts remarqués à la Salle Pleyel à Paris, lors de son époustouflante interprétation du Concerto N° 3 de Rachmaninov, où il sera réinvité sur le champ. Ceux-ci marqueront le début de sa carrière internationale.

Lorsqu’il n’est pas sur scène, Alain Lefèvre se consacre à la composition et se retrouve aussi en studio, où il anime une émission de deux heures diffusée tous les dimanches, consacrée à la musique classique sur les ondes d’Espace Musique à Radio-Canada. Il est ambassadeur artistique du Festival International de Lanaudière pour une troisième année consécutive et continue son travail de « missionnaire de la musique », en allant rencontrer bénévolement des milliers d’enfants chaque année dans les écoles afin de leur parler de musique classique.